➽ WE DON'T NEED ANYTHING OR ANYONE
↔
J'aurais préféré être autre. En tout cas, cesser de bouilloner pour des broutilles... Y'aura toujours ces réflexes idiots dont je ne me séparerai sûrement jamais. Juger la forme plutôt que le fond au rythme de la ribambelle de fautes d'orthographe de quelqu'un qui m'écrit. Perdre confiance si vite que même pas le temps de souffler un brin d'air que ça y est, c'est parti, paranoïer..., se demander si les gens tiendront leurs promesses, pourtant, pourtant c'est vrai, j'ai pas toujours tenu les miennes, et on appelle pas ça des menteurs mais tout bonnement des gens qui se trompent. Car au moment où on fait cette promesse, la majorité du temps, on se sent réellement capable de ne jamais briser cette chaîne, sans se rendre compte qu'au fil du temps, tout s'effrite et qu'il ne reste finalement qu'un mince fil usé. On appelle pas des gens qui divorcent des menteurs, alors pourquoi là serait-ce différent ? Commencer par ouvrir les yeux sur la vie. Pour de vrai, pour de bon, arrêter de se voiler la face, seulement se dire que : la vie c'est aussi tout simplement la vie. Cesser de croire à ce que l'on nous injecte dans le cerveau à coups de films un peu trop sentimentaux et de livres dégoulinant de fausse passion. Je l'ai toujours su, je n'ai jamais voulu l'accepter. Arrêter de se créer un monde de douleur où nous sommes les seuls et uniques bâtisseurs de ces murailles de verre. T'en as pas besoin. T'as pas besoin de tout ça. Commencer par se rendre compte qu'en réalité, même si parfois la vie elle vire de travers, même si ta confiance elle est trahie par untel ou untel, même si parfois certains partent et ne reviennent pas forcément, même si il y aura toujours un malsain foutage de gueule, même si c'est pas toujours le top... que ça va quand même, que non, "ça ne fait pas [simplement] aller", que ça va, que y'a d'autres choses qui font que ton coeur continue de battre et que non, tu n'es pas encore à terre. Sinon, combien de fois as-tu ressucité ? La vie c'est juste la vie, et c'est précieux seulement si on s'accorde ce privilège. J'ai pas besoin d'avoir visité tous les continents du monde, de sauter de je-ne-sais-quelle falaise, d'aller voir les chutes du Niagara, de monter à pied la Tour Eiffel, de traverser le Sahara, ou de participer à je-ne-sais-quel événement encore pour pouvoir me dire que j'ai vraiment vécu, que ma vie a été faite de ci, de ça, et que je l'aie remplie de tout ce que je pouvais, charger mes journées d'adrénaline dont je n'ai même pas vraiment besoin pour n'avoir au final que la stupide satisfaction du "Ça tu vois, je l'ai fait". Même si des fois on rêve, même si parfois on aspire à mieux, à plus grand, à plus fort, tu vois, je t'interdis pas de rêver, mais juste, à une dose raisonnable, que le rêve reste parfois le rêve et que la réalité reste la réalité, qu'il n'y ait pas de fusion complète entre les deux, sinon on est foutu, sinon c'est la porte ouverte au trop plein de sentiments, les sentiments, j'dis pas c'est mal, mais à s'y plonger tête baissée dedans on s'y noie, et on se fabrique un monde de faux dans lequel on se tient au chaud, et où on croit que c'est le mieux, et un jour ce sera trop tard, vous croirez à vos propres mensonges. Alors oui, même si parfois on rêve, même si des fois on aspire à mieux, à plus grand, à plus fort, il faut ouvrir les yeux et accepter, ne pas fuir, ne pas s'enfuir, il faut regarder le monde en face et accepter, accepter de se lever tous les matins à la même heure pour aller faire son boulot, pour, qu'à mesure que le temps passe, gagner assez d'argent pour nos progénitures, puis, abandonner sa vie de vif humain pour regarder ces autres répéter le même rituel que l'on appelle la vie, ne demandez pas pourquoi, la réponse sera sans appel : Parce que la vie a été construite comme ça, et que sans ça, ce serait le foutoir. Il faut un cycle durable, nous l'avons trouvé. Faut pas chercher à contourner le système, tout ce qu'il me reste à faire, c'est de bouilloner intérieurement, en vous regardant vous casser la gueule, pour finalement, rien. Cessons de bouilloner pour des broutilles, des brindilles, qui, admettons-le, de notre haut grade de condition humaine, ne deviendront jamais des arbres.
Laëtitia NG.
...Même moi.
